Mon Stage en Jamaïque

Juin-Août 2001

Ce mardi 19 juin 2001 01:46

Et voilà quelques nouvelles toutes fraîches de la Jamaïque. « Ya Man ! »

Mardi 12 Juin 2001 : départ de Lyon à 7h25, arrivée à Montego Bay à 18h00 via Paris et Miami. Mike Robinson, le directeur du Laboratoire es venu me chercher à l’aéroport et nous prenons le bus afin de rejoindre le labo.

Après deux heures de voyages sur les routes chaotiques de Jamaïque, nous arrivons à St Ann’s Bayau HUML (Hofstra University Marine Lab) où je suis accueilli par Silvia. On me montre ma chambre (appartement d’environ 30m² avec salle de bain, cuisine, salon, 3 chambres avec vue sur l’océan et les vagues qui viennent s’échouer à environ 3m de la porte d’entrée). Ensuite nous visitons les trois laboratoires et les différentes salles où se trouve le matériel, pour finir par le ponton et les trois bateaux du labo. C’est tout pour ce soir, je vais me coucher vers 22H30 assez fatigué par cette longue journée.

Mercredi 13 : lever 7h30, après m’être réveillé plusieurs fois au cours de la nuit. Je vais petit déjeuner puis je pars avec  Silvia et un groupe d’étudiants américains en bateau sur une mangrove proche du laboratoire. Une fois équipé (palmes, masque, tuba), je plonge  la tête dans un petit mètre d’eau. Entre les racines des palétuviers, je peux apercevoir une multitude de poissons en tout genre, tous plus colorés les uns que les autres : girelles, mojara, poissons-chirurgiens, une petite raie pastenague … j’apercevrai même un barracuda. Nous rentrons au laboratoire à pied en traversant la mangrove. Nous découvrons alors grâce aux explications de Silvia, les crabes terrestres ainsi que les différentes variétés de palétuviers (black, grey, red et white mangroves) : celles qui respirent grâce à des pneumatophores, celles qui évacuent le sel par leurs feuilles …

L’après-midi, je pars avec Mike et le deuxième groupe d’américains à Ocho Rios, la grosse  ville touristique la plus proche. J’en profite pour faire quelques courses de première nécessité. Puis nous allons aux Dunn’s Falls qui sont l’un des sites les plus touristiques de l’île. Nous remontons les chutes dans le courant et rentrons trempés au laboratoire en fin d’après-midi.

Jeudi 14 : ce matin, nous partons à 8h pour une sortie sur le récif. Nous commençons par la partie la plus extérieure du récif. La profondeur varie en 7 et 12 mètres et nous pouvons voir une multitude de poissons différents : poissons-chirurgiens, demoiselles, girelles, anges, écureuils … Nous plongeons ensuite sur une épave située un peu à l’intérieur du récif, juste devant la passe. Là encore, beaucoup de poissons, dont des murènes. Nous rentrons encore dans le lagon pour plonger sur l’intérieur du récif et, là encore, le spectacle est superbe : une énorme raie pastenague nous rend visite, des poissons « porc-épic » sortent du fond des trous … C’est un festival de couleurs. Je vide la moitié de mon appareil photo en une seule matinée.

L’après midi, c’est « boulot ». Je dois apprendre à reconnaître les différentes espèces des poissons sur lesquels je vais mener mon étude. Je prends donc le « Reef fish Identification » et m’installe sur un transat au bord de l’eau. Je passe ensuite environ deux heures avec Mike et Silvia afin de parler de mon projet. Je vais donc travailler sur les variations de coloration existant entre les stades juvénile et adulte chez trois espèces de poissons demoiselles (dusky-damselfish, threespot-damselfish et bicolor-damselfish). Ces poissons sont très agressifs envers les poissons traversant leur territoire et, en particulier, avec les individus de la même espèce. Nous allons donc étudier l’influence de la coloration et de la taille sur cette agressivité. Je dois réaliser pour cela des modèles de bois que je peindrai comme des juvéniles ou comme des adultes et nous les confronterons à des demoiselles sur le récif.

Le soir, nous effectuons une sortie de nuit sur le « back reef » et je peux voir des espèces de poissons très  différentes de celles que nous pouvons observer le jour. Beaucoup de poissons écureuils, cardinaux et soldats mais aussi des poissons porc-épic qui se gonflent d’eau et se hérissent d’épines dès que nous les attrapons. Et bien sûr, la nuit, toutes  les langoustes du récif se mettent en chasse. Elles sont très faciles à repérer car leurs yeux brillent dans les faisceaux des lampes. Mais, interdiction d’en ramener tant qu’il y a des groupes de visiteurs. J’espère que je pourrai en goûter quelques-unes unes lorsque tous les étudiants seront partis …

Vendredi 15 : ce matin, je pars en bateau avec Mike sur le lieu où il mène sa recherche (sur la reproduction des « damselfish »). Il me montre les différents nids artificiels qu’il a implantés et me décrit les différents  paramètres qu’il mesure ou quantifie. Puis j’ai quartier libre pour me balader entre les blocs de coraux. Sur cette partie du récif, on trouve beaucoup de poissons-chirurgiens, perroquet et papillons mais aussi beaucoup de petites murènes qui se cachent dans les blocs de coraux. Avant de rentrer, j’ai le droit à une petite interro surprise : je dois reconnaître les demoiselles que me présente Mike.

L’après midi, je fais un peu de  bibliographie et je commence à préparer les modèles pour mon projet : peinture. Juste avant de me coucher, je trouve dans ma  chambre un gecko d’environ 20 cm. C’est un bon allié contre les moustiques et les fourmis qui viennent me piquer dans mon lit. « Ya man ! »…

Samedi 16 : je retourne avec Mike sur le récif pour observer les nids. Je dois récupérer les nids non occupés afin de pouvoir les déplacer. Les conditions sont assez mauvaises, il y a beaucoup de houle et nous devons faire attention à ne pas être projetés contre le corail. En rentrant, nous avons quelques difficultés à démarrer le moteur du bateau, nous faisons donc une partie du retour à la rame, puis le moteur arrête de bouder …

L’après-midi, je m’occupe de la peinture de mes modèles. Je pense que j’aurai fini demain matin, ce qui nous permettra de les tester rapidement. Le soir, je change de chambre et je me retrouve dans une chambre beaucoup plus petite : juste une pièce et une salle de bain, un petit lit, mais surtout c’est très sombre et très bruyant car je suis situé juste à côté de la réception et de la salle à manger. Ca change de la première …

Dimanche 17 : aujourd’hui, pas de sortie en mer et pas non plus de repos pour le jour du seigneur. Ici, c’est un jour comme les autres. Toute la matinée, je m’occupe de mes modèles de poissons. J’ai presque fini et nous pourrons les tester demain ou après demain je pense. De toute façon nous avons encore un peu de temps car nous ne commencerons l’étude que le 21juin avec le changement de lune.

Cet après-midi par contre, je suis allé faire un tour du côté de St Ann’s Bay avec Mike et le groupe qui est arrivé hier du Texas. L’île est très chouette, la végétation est luxuriante mais les Jamaïcains n’y font absolument pas attention. Ils jettent n’importe quoi n’importe où (aussi bien des canettes de Coke que des voitures …). C’est vraiment dommage car l’île est très sale. A la sortie d’un virage nous avons même trouvé un chien mort avec une dizaine de vautours autour en train de le dépecer … sympathique ! La petite ville de St Ann’s Bay est vraiment très sympathique et est, je pense, assez typique de la Jamaïque. Toutes les maisons sont en bois, arborant pour certaines des couleurs assez « kitch » (rose, vert pomme…). Mais le pays est assez pauvre et les conditions d’hygiène au sein de la ville n’ont pas l’air terrible. J’ai vu au détour de ruelles des « push car » (cf. : « rasta rocket »). C’est exactement comme dans le film : un volant, quatre roues et un peu de bois pour faire tenir tout ça. Je vois quand même mal quelqu’un faire des courses là dedans. Ce qui est frappant ici, c’est le phénomène «  musique ». Partout où vous allez, il y a de la musique et le plus souvent du reggae (Ya man !). Même sur les  plages publiques sont dressé des murs d’enceintes de deux mètres qui crachent de la « reggae music » à fond.

Lundi 18 : ce matin nous sommes allés plonger sur les « bat-cave » qui sont, comme leur nom l’indique, des grottes avec des chauves-souris. Très chouette, les fonds marins sont très beaux et on y rencontre de nombreuses espèces de poissons. Nous avons vu, entre autre, des raies électriques, une pastenague d’environ 1,1m de diamètre, des poissons anges, chirurgiens, papillons, perroquets

Cet après-midi, j’ai accompagné les Américains sur le rocky-shore car ils devaient y prélever des animaux et algues pour les identifier. Armés de leur petite épuisette, ils attrapent tout ce qui bouge et même ce qui ne bouge pas dans les mares. La balade était très chouette. Tous les rochers donnant sur l’océan sont sculptés par le vent et la mer et sont hérissés de centaines de petites pointes très coupantes. Autant vous dire qu’il vaut mieux avoir des bonnes baskets pour s’y aventurer. Mais la vue est superbe. Cela donne directement sur l’océan où il y avait cet après-midi, une houle d’environ 1m. Nous sommes rentrés vers 17h30, l’heure du dîner ici.

Sur ce je vous laisse et vous tiendrai au courant de la suite des évènements… « Yeah Man ! »

@+

Julien

Ce dimanche 24 Juin à 02:56

Mardi 19 : bonne journée aujourd’hui. Comme d’habitude, ce matin nous sommes allés plonger. Je me suis levé à 5h30 pour partir à 6h et ne rentrer qu’à 10h15 sous un orage énorme : éclairs sur la mer, tonnerre et pluie battante.

L’après midi, nous sommes retournés à Ocho Rios avec les Américains. J’en ai profité pour faire des courses et améliorer mon ordinaire. J’ai même retrouvé un petit  air de France en achetant du thym et j’en mets dans tout ce que je mange. Je n’arrive vraiment pas à cuisiner ici ; je n’ai pas d’idées, les produits ne sont pas très diversifiés et je ne comprends pas toujours ce qu’il y a sur les étiquettes. De plus quand on voit l’état de certains magasins, on n’a pas trop envie d’acheter. Je n’achète jamais de viande fraîche par exemple car elle a vraiment une sale tête. Enfin, je me débrouille pour ne pas mourir de faim. Les Texans qui sont là sont vraiment très sympas. Je suis allé avec eux ce soir manger du jerk chicken. C’est un plat typiquement Jamaïcain : du poulet mariné cuit au barbecue. C’est super bon. Ensuite j’ai bossé sur les modèles avec Mike et j’ai passé le reste de la soirée avec les Américains à boire du Rhum sur le gazebo.

Mercredi 20 : ce matin, sortie à « Drax Hall », une petite plage tout au bout de la baie. Pour y aller en bateau, on sort complètement du lagon et le trajet dure environ 15-20 minutes. Mais c’était super sympa … Il y avait pas mal de houle et ça bougeait un peu mais on a vu plein de poissons volants. C’est hyper impressionnant la distance que ça peut parcourir ces bestioles. La plongée n’était pas mal, on a vu pas mal de trucs dont encore une grosse raie pastenague. Je suis aussi allé avec Silvia sur un tombant où se trouvent des sortes de cavernes sous-marines à environ 7-8 m de profondeur. Silvia m’a dit que souvent il y avait des requins-nourrices dans ces cavernes. Nous sommes donc allés voir. Il y avait beaucoup de courant et beaucoup de vagues ce qui a rendu les choses un peu compliquées mais, malheureusement, on a trouvé que des poissons sans requins. Une prochaine fois … peut être. Ensuite je suis allé plonger avec Mike et Silvia sur le récif pour tester les modèles. Ca marche pas mal et on commence demain l’observation. Après, nous sommes restés sur le récif avec  Mike à chercher si on ne pouvait pas voir des requins dans toutes les failles possibles et imaginables. Mais nous sommes encore rentrés bredouilles… J’arriverai bien à en voir avant de partir.

L’après-midi, j’ai fini tous les modèles afin que tout soit au point pour demain matin. On va commencer vers 8h je pense. Par contre, je viens d’apprendre que, avant, il y avait une plongée avec bouteille. Je vais pouvoir y aller, c’est à 6 heures demain matin. Je devrais payer 10$ pour la location du matériel mais Mike m’a dit que je pourrais peut être plongé gratuitement … mais ça on verra demain, on ne sait jamais ici... sinon, je devrai payer 25$ pour la plongée en plus... ça fait 35$, soit pas loin de 300F, c’est un peu cher mais si je n’en fais qu’une c’est cool.

Je viens de voir Silvia. C’est bien ce que je craignais, je dois payer les 35$. Le seul problème est que je n’ai pas la carte attestant que je suis pratiquant de plongée ici et à priori ça pose problème. Ce soir nous faisons une sortie de nuit à pied pour essayer d’attraper des poulpes (« octopus ») sur les rochers.

La chasse au poulpe nocturne : rien, ça n’a rien donné. On n'en a pas vu un seul, par contre on a vu pas mal de poissons, needlefish et silverfish, et le but étaient de les attraper à la main. Le needle ressemble à un barracuda, en plus petit et avec un nez plus fin. Ces deux poissons nagent toujours en surface et sont attirés par la lumière de nos lampes.

Jeudi 21 : ce matin, départ à 6h tapantes. Pas de problème pour la carte de plongée, il m’a juste été demandé quand j’avais plongé la dernière fois. Plongée très chouette, on est descendu à 60 pieds soit environ 20m et on  a vu pas mal de chose. J’ai juste eu un petit problème au départ, je n’étais pas assez lesté et je n’arrivai pas à descendre. J’ai donc du prendre deux kilos en plus dans mes poches pour pouvoir atteindre le fond. Mais, après, tout s’est bien passé. Il y avait des gorgones, des grosses éponges et des coraux mous partout plus pleins de poissons dont une grosse murène, des mérous … C’était très sympa. On est rentré vers 8h après 35 minutes de plongée. Ensuite, je suis retourné sur le récif avec Mike pour commencer l’expérimentation. Armés de filets, de plombs, de tablettes pour prendre des notes sous l’eau, de clous pour repérer  les endroits, nous avons d’abord testé les autres modèles et il s’est avéré que nous devrons en modifier un. Puis, nous avons parcouru le récif pour établir une carte sur laquelle nous avons repéré les emplacements des poissons sélectionnés.

Cet après-midi, j’ai corrigé le modèle que nous voulions changer, il ne me reste plus qu’à le vernir afin qu’il ne s’abîme pas avec l’eau. Je ferai ça en rentrant ce soir après la plongée.

Vendredi 22 : hier soir, sortie de nuit étonnante car les Américains ne sont pas très téméraires. Aucun n’est rentré un peu sur le récif comme nous l’avons fait la semaine dernière. Ils sont restés à la périphérie et la plongée n’a pas été très longue. Sinon c’était pas mal, on a encore vu plein de poissons porc-épic aveuglés par nos lampes, qui se laissent facilement attraper et se gonflent d’eau pour protester …

Après, je suis allé voir un film en DVD chez les Texans qui ont amené un ordinateur. C’était « Pitch Black », je crois : une sombre histoire de crash d’un vaisseau spatial sur une planète qui semble être un désert, avec trois soleils, jamais de nuit et dont les seuls habitants sont des monstres qui vivent dans l’obscurité de grottes souterraines. Mais il y a eu une éclipse et les monstres sortent, tuant tout ce qui bouge sur leur passage … « Made in USA » …

Aujourd’hui, je n’ai pas fait grand chose. Ce matin, je n’ai pas été plonger car Mike accompagnait le groupe et s’occupait de sa recherche et devait aller en ville après. J’ai donc préparé les affaires pour y aller l’après-midi et je me suis mis au soleil à lire. Je commence à avoir des bonnes couleurs mais je n’ai pas pris trop de coups de soleil pour l’instant, je reste méfiant car le soleil tape vraiment dur. Cet après-midi, après une petite sieste, j’ai préparé des marques pour remplacer celles qu’on a mises sur le récif hier.  Puis, je suis allé étudier à la bibliothèque du laboratoire. On n’a pas pu plonger car le vent s’est levé vers 12h et la mer était trop agitée pour que l’on puisse bosser correctement.

Ce soir, j’étais invité à dîner par Mike et Silvia car les Texans sortaient, très sympa. Par contre, on a eu un  « black-out » : coupure de courant, d’environ une demi-heure. Toute la baie était plongée dans l’obscurité, aucune lumière à l’horizon si ce n’est l’hôpital de St Ann’s Bay. Le dîner était donc aux chandelles sous les étoiles, c’en était presque romantique …

Samedi 23 : dure journée aujourd’hui, ou presque. Ce matin, on a passé environ 3h dans l’eau avec Mike et Silvia à faire des observations avec les modèles. Ca marche pas mal et c’est assez fun de se retrouver dans l’eau à prendre des notes sur une plaquette, avec son chrono. Par contre, même avec une eau à 27°, au bout de trois heures, on commence à avoir un peu froid. Et ne pensez pas que je suis en train de me plaindre, pas du tout, c’est juste une constatation. Cet après-midi par contre, rien fait, il faisait une chaleur, on pouvait à peine sortir. J’ai donc lu de la documentation sur les poissons des récifs et en particulier sur ceux qui m’intéressent : « les demoiselles », et, vers 15h30, on a fait un cricket, avec les Texans, que l’on vient à peine de terminer.

Je vais sans doute être obligé d’aller à Kingston pour mon visa la semaine prochaine. Normalement on devrait appeler l’ambassade de France lundi pour voir. Le problème, c’est que, à partir de mercredi, je suis sur le territoire Jamaïcain en toute illégalité puisque je n’avais une autorisation que pour 15 jours ;  ils n’ont pas voulu me donner mes deux mois quand je suis arrivé à Montego Bay le 12 et le service des passeports ne se trouve qu’à Kingston. Silvia et Mike pensent qu’il n’y a pas de problème pour rentrer, mais à priori on leur aurait dit que quelqu’un avait déjà eu des problèmes pour repartir de Jamaïque. Aller à Kingston prend toute une journée, coûte cher, et, comme toute administration, les papiers sont très longs à se faire; en plus la ville n’offre pas beaucoup d’intérêts. Je vais peut être devoir rester ici toute ma vie, j’espère que vous viendrez me voir si c’est le cas … Quoique, je n’aimerais certainement pas vivre dans ce pays très longtemps.                        @+ Julien

PS. : Je suis désolé de ne pas être un peu plus personnel mais je n`ai pas beaucoup l`occasion d`être connecté. Je vous embrasse tous très fort.

Eric, je me renseigne pour ce que tu m`as demandé. Patrick, mes modèles sont bien des poissons et je les peins comme des juvéniles ou des adultes afin de comparer l`influence de la couleur sur l`agressivité.

Bye

Ce samedi 7 Juillet à 03:27

Hey Man !

Tout d’abord, pour ceux qui ne sont pas encore au courant, je ne suis pas accepté à Rennes en Halieutique et,  comme vous vous en doutez, je suis assez déçu. Mais c’est la vie et je n’abandonnerai pas la mer et les poissons pour autant … Je serai donc toujours à Bordeaux l’année prochaine en option : « production animale » (sauf si je ne suis pas pris là non plus, qui sait …). Et oui, il en faut quelques-uns uns pour empêcher la fermeture de l’option …

Sinon, tout se passe toujours bien au pays de la reggae music, de Bob Marley et de la Marie Jeanne, plus communément appelée par les Jamaïcains « Ganja ».

Ici, nous avons terminé, avant hier, l’expérimentation que je menais et, ce matin, nous en avons mis une autre en route mais pas du tout dans les même conditions. Alors que nous plongions tous les matins dans 3 mètres d’eau maximum pour la première expérience, nous avons ce matin endosser bouteilles et détendeurs pour travailler à environ 10 mètres avec toujours des « demoiselles » mais d’une autre espèce.

Ce matin, il nous fallait capturer quelques-uns de ces poissons qui sont infestés par un petit parasite (« isopode ») qui se fixe au niveau de leur joue, ainsi que quelques spécimens sains. Après donc une bonne heure de plongée, huit poissons capturés, quatre parasites enlevés et leurs hôtes relâchés,  les territoires marqués, nous sommes rentrés au laboratoire. Il ne restait plus qu’à transférer les parasites sur les poissons sains … ce que nous avons fait cet après-midi. Demain matin, nous repartirons les relâcher après les avoir marqués par une trace de peinture injectée sous la peau. Malheureusement, cette étude sera assez longue et je ne pourrai assister et participer qu’à sa mise en place.

D’autre part, j’ai encore pas mal de boulot avec toutes les données que j’ai pu collecter durant les dernières deux semaines. Il faut maintenant traiter, analyser, interpréter les 1200 données concernant les « demoiselles » du récif. De plus, il faut que je m’atèle à la rédaction de l’article que Mike et Sylvia m’ont proposé de co-écrire avec eux et ça ce n’est pas une mince affaire. Car, en plus d’être scientifique et pointu, cet article est en anglais … Enfin, si tout se passe bien, j’aurai ma première publication d’ici un an (le temps de la rédaction, des corrections, de l’acceptation, de la relecture et de la publication dans le journal « Journal of Experimental Marine Biology and Ecology »)

La première expérience s’est, elle aussi, achevée par la capture de quelques spécimens que nous avons présentés aux poissons étudiés afin de mesurer l’agressivité de ces derniers envers des modèles vivants. Attraper des poissons dans aussi peu d’eau n’est pas très facile et j’ai du me frotter d’un peu trop près à des coraux de feu qui portent très bien leur nom je vous assure

A part ça, il fait toujours beau et surtout très chaud. Une tempête est passée un peu au nord de l’île il y a deux jours. Cela nous a valu en pleine nuit un déluge comme je n’en avais pas vu auparavant mais surtout un mètre de vague qui cassait juste sur les coraux le lendemain matin empêchant toute sortie du lagon et toute plongée à l’intérieur de celui-ci, la visibilité étant réduite à moins d’un mètre. Enfin, ça nous aura laissé un peu de temps pour faire quelques statistiques … j’adore …

Il n’y a plus de groupes d’Université américaine ici depuis 10 jours et cela fait un peu vide. Je ne m’ennuie pas car j’ai de plus en plus de choses à faire mais je ne rencontre plus grand monde. Enfin, je dîne souvent avec Mike et Sylvia (pizza, poulet cacahuètes …) et nous discutons beaucoup. La famille de Sylvia arrive demain et ils partent tous samedi pour 3 jours à Negril Beach, superbe plage de sable blanc près de Montego Bay (Nord-Ouest de l’île). Je serai donc tout seul, tout seul durant cette période avec à disposition un laboratoire, un bateau (au moins six personnes) et tout le lagon. Donc pour ceux qui veulent, c’est le moment de découvrir la Jamaïque, St Ann’s Bay, son lagon et ses poissons de récifs, ses pélagiques …

D’ailleurs, en parlant de ceux-ci, je commence à en voir et de plus en plus gros et plus beaux. La semaine dernière, j’ai vu un barracuda d’environ 1m10 qui est passé tranquillement 8 mètres en dessous de moi en train de se faire « manucurer » par un nuage de petits poissons. Lundi, en pleine expérimentation, un petit groupe de 6 barracudas est venu me rendre visite sur le récif vraisemblablement attiré par mes recherches. Je les croiserai ainsi quatre fois durant la matinée. Et ce matin, juste avant de remonter, une raie aigle est passée nous dire bonjour. C’était vraiment magnifique. De même forme générale que la célèbre raie manta, celle que nous avons vue faisait un peu plus d’un mètre de largeur et volait tranquillement au-dessus des coraux. Ce matin, je n’avais pas mon appareil photo, aussi j’espère avoir l’occasion d’en revoir « armé » pour l’occasion.

En début de semaine, j’ai fait mon premier voyage avec les « transports en commun » de l’île : des minibus Toyota dix places dans lesquels on s’entasse à 16 ou 17 (sans compter les enfants sur les genoux de leurs parents) et qui vous emmènent, pour quelques dollars, sur les routes cabossées de la Jamaïque. C’est assez  sympa et cela change beaucoup du confort occidental, mais c’est surtout ce qu’il y a de moins cher et, le laboratoire n’ayant pas de voiture, c’est assez pratique pour aller faire des courses.

Sur ce, j’espère que tout se passe bien pour vous aussi. Je vous embrasse tous.

« Ya Man ! »

PS/ Grand Max : est-ce que ton appartement est libre en septembre, pour que je puisse le reprendre et où est passé le p’tit max ? (il faut que je contacte Friand rapidement)

PS/ Alexia : je n’ai pas réussi à ouvrir le mail que tu m’avais envoyé

PS/ Xavier : je ne pourrai venir avec vous car je ne rentre en France que le 16 août. Profitez-en bien et bonjour à tout le monde

PS/ Renaud et Laet : merci pour le message et pour la combi, je la mets tous les jours … Auriez-vous les mails de Marine et de Pierre s’il vous plait ?

PS/ Aux Enitiens : j’espère que vos stages et vos voyages (pour certains) se passent bien, que les coups de feu cessent au Rwanda, que les coraux arrêtent de martyriser Grégoire, que Siam ne se fait pas cracher dessus par les lamas, que Caro bosse un peu au lieu de faire du jogging, que Michel arrête de faire son coin-coin et qu’il est reçu au DNO,  que Jojo profite du Nord, que les pins de Frank tiennent toujours debout, que les kangourous de Waga-Waga boivent des coups avec Max, que Nadège et Jérôme profitent de l’ENITA, bref  que tous le monde va bien...

PS/ Greg : j`espère que tu t’en sors et que tu sais par où commencer. Moi aussi, je dois écrire un article mais je suis assez bien encadré pour tout ce qui est plan et rédaction. Bon courage et éclate toi bien dans le parc. Prends toutes les adresses que tu peux sur les personnes que tu rencontres et qui bossent sur la faune océanique.

PS/ Caro : merci pour le mail et gros bisous...

PS/ Alix (ma sœur) : encore toutes mes félicitations pour ton bac, garde-moi un peu de champagne...

PS/ Raph : désolé, je croyais que tu étais dans la liste... profite en bien... et ne te muscle pas trop j`aurai vraiment l`air ridicule après...

Ce samedi 7 Juillet à 03:34

Bon ce n`est pas les fonds marins mais c`est une photo de Jamaïque avec les Texans qui ont passé dix jours ici.

Mes Texans

Ce samedi 12 Juillet à 21:04

Hey man,

Ici, c’est un peu les vacances pendant trois jours. Mes maîtres de stage recevaient de la famille et sont partis trois jours à Negril Beach mercredi. Pas trop de boulot donc, il faut juste que je commence la rédaction de l’article. Sinon, j’ai les clefs de leur appartement avec magnétoscopes, TV, ordinateur … j’ai les clés du bateau et de tous les laboratoires.

Durant ces derniers jours, je n’ai pas fait grand chose, sinon bosser sur des bouquins et sur l’article. En effet, dans 15 jours, j’ai une semaine de cours de biologie marine avec un professeur de l’Université et il faut que je me prépare un peu : apprendre des noms latins par cœur, savoir reconnaître différentes espèces de coraux, d’oursins, d’algues … et bien sur de poissons.

J’ai, par contre, pu goûter un certain nombre de spécialités de l’île lors d’un dîner fait par deux personnes qui bossent à l’hôtel et à qui Mike avait demandé de nous faire découvrir les couleurs gustatives locales.  Au menu : Jerk Chicken (poulet mariné, cuit au barbecue), Haki et salt fish, plat national ici (le haki est un fruit qui, lorsqu’il n’est pas mur, contient du poison qui peut être assez dangereux ; il est préparé bouilli avec du poisson salé), Bread (fruit ou littéralement fruit pain ; très consommé sur l’île, ce fruit est préparé de différentes façons : barbecue, bouilli, frit … c’est super bon et ça a vraiment un petit goût de pain … bien sûr, ce n’est quand même pas une bonne baguette fraîche), et pour finir, nous avions des espèces de petits gâteaux qui cuisent dans l’eau bouillante. Tout est super bon, mais les Hakis et le Salt Fish sont très bizarres.

Nous devions continuer ce repas par des langoustes sortant de l’eau. Sitôt le poulet terminé, nous avons pris le bateau et nous nous sommes mis à l’eau sur le récif avec lampes, filets et barres de fer pour sortir les « Jamaïcan Lobster » de leur trou. Malheureusement, impossible d’en attraper une seule. Toutes cachées au fond de trous énormes, aucune ne nous aura donné l’occasion de la goûter. C’est donc bredouille que nous sommes rentrés, sauf pour l’un de nous qui avait fait la mauvaise rencontre d’une Sea Wasp (guêpe de mer : petite méduse qui fait super mal) et qui en était quitte pour quelques jolies cloques sur le bras et le torse. Je me suis fait piquer deux fois durant le séjour mais jamais avec une réaction comme ça.

Depuis qu’ils sont partis, je m’occupe donc des poissons et continue de m’instruire mais avec un autre moyen que les livres : les cassettes vidéos. Requins, récifs, mers tropicales, le laboratoire a une collection de films qui semble assez intéressante et je me les réserve pour mes longues soirées solitaires réservant le matin pour les sorties bateau et les après-midi pour la lecture ou le boulot, le plus souvent possible allongé sur un transat au bord de l’eau.

Bonne nouvelle : ce matin, j’ai croisé la route de mon  premier requin. Un requin nourrice affectueusement nommé Ginglymostoma Cirratum par la communauté scientifique. Ce matin, j’ai pris le bateau pour aller prendre quelques photos sur le récif avec l’un des appareils du laboratoire. Après avoir vidé ma pellicule, je passe la tête sous certains gros blocs de corail mort et là, au bout de deux minutes d’investigation, dès que je m’approche, je distingue une grosse nageoire pectorale, puis la forme fuselée d’un requin d’environ deux mètres, posé sur le sol dans l’obscurité de sa cachette. Superbe ! Il ne bouge presque pas, juste un peu, faisant en sorte que je reste dans son champ de vision. N’ayant plus de photos, je retourne en quatrième vitesse au bateau cherché mon jetable. Je ne sais pas si cela rendra quelque chose, car avec le peu de lumière qu’il y avait et sans flash, les photos risquent d’être un peu sombres. Je suis resté avec le squale, une bonne demi-heure, à faire apnée sur apnée, à observer la bête, à m’approcher le plus possible. Puis, je l’ai laissé tranquille reprendre son petit somme en espérant le retrouver demain armé d’un meilleur appareil et d’une pellicule neuve … Ci-joint une photo de ce requin, juste histoire de voir à quoi ça ressemble.

PS : Siam achète de la citronnelle, moi je me badigeonne les jambes avec ça dès que le soleil tombe et ça marche (mais on te remarque à deux cent mètres avec l’odeur). Question bestiole, je suis servi : moustiques énormes (et ça gratte pendant trois jours), toutes petites fourmis partout (inclus lit et mon sucre en poudre, il paraît que c’est nourrissant). Heureusement, je trouve aussi des lézards sur les murs de ma chambre, qui se délectent de ces envahisseurs …

Requinement vôtre

Ce samedi 21 Juillet à 03:32

« Hey man ! »

Depuis mon dernier mail, j’ai passé un peu plus de temps avec le requin dont je vous avais parlé. Il est très sympa. Pendant quatre jours, il est resté dans la même cave, accumulant les cadavres de langoustes autour de lui et me saluant toujours par un regard lorsque j’arrivais. Je l’ai montré à mon maître de stage qui dit qu’il n’en jamais vu d’aussi gros (2m) ici.

Normalement, nous devrions essayer d’aller le nourrir avec quelques poissons, attrapés sur le récif, demain ou après demain (s’il est toujours là car nous n’y sommes pas allés depuis quelques jours). J’ai vidé trois pellicules sur le récif et je n’en ai plus. Il faut que j’attende la semaine prochaine que nous allions à Ocho Rios pour en acheter de nouvelles.

Enfin, comme d’habitude, c’est quand je n’ai pas de photos que je vois les plus gros poissons. L’autre jour, j’avais à peine posé mon appareil dans le bateau que je voyais trois barracudas, deux grosses caranges … mais je ne désespère pas de réussir à photographier ces poissons avant de partir.

Le reste de la semaine a été consacré à une nouvelle étude et le travail a été assez intensif. Plongée en bouteille d’environ une heure et demi (deux bouteilles chacun) entre 20 et 6 mètres presque tous les jours. On fait un sondage sur le taux d’infection d’une espèce de demoiselle (Stegastes partitus) par un isopode parasite (Anilocra). Autant vous dire que c’est assez agréable de travailler entouré par des milliers de poissons multicolores, tranquille sans un bruit (enfin presque car contrairement à ce que l’on pourrait croire le fond de la mer est très bruyant), de temps en temps en compagnie d’une raie aigle passant juste devant mon masque (ce fut le cas ce matin) … L’expérience n’est pas très compliquée. On étale un guide de 50 mètres sur le récif, et sur le parcours, on note et on mesure tous les poissons que l’on voit dans un périmètre d’un mètre autour du guide. On regarde s’ils ont un parasite ; si oui : où, quelle taille … et on recommence sur cinquante mètres. On fait environ deux cents mètres chacun puis on attrape quelques spécimens pour identifier tous les parasites externes qu’ils portent.

En début de semaine, on a travaillé une matinée sur la dynamique des populations de deux espèces d’oursins et sur une crevette qui les parasite. Pour la crevette, qui fait environ 5mm, il fallait et d’un : la trouver, et de deux : regarder si elle avait des œufs, et de trois : voir si on voyait les yeux des embryons (assez difficile vu la taille, les vagues …). Mes après-midi ont été consacrées à ma partie d’articles dont j’ai fini le premier jet et à des analyses parasitaires sur des poissons que nous avons ramenés du récif où nous plongeons tous les jours. Environ 50 filtrages, rinçage, 25 anesthésies de parasite et malheureusement 25 meurtres gratuits de poissons (il faut faire des sacrifices pour faire avancer la recherche).

Hier soir, nous sommes allés faire une plongée de nuit pour le fun. C’était extraordinaire … ! Des poissons complètement différents de la journée, des ophiures étalées dans le courant partout (sorte d’étoile de mer avec des bras beaucoup plus fins et ramifiés), du plancton fluorescent, des poissons diurnes en train de dormir entre les coraux dont un poisson perroquet protégé par son cocon de mucus, murènes, crinoïdes, oursins de sable, et des langoustes (j’en ramènerai deux et je peux vous dire que c’est assez bon …). La seule mauvaise surprise a été notre retour au bateau car, attirée par la lumière qui pendait à la chaîne de l’ancre, des guêpes de mer nous attendaient (espèces de petites méduses dont la piqûre est très désagréable et douloureuse).

Petites mais nombreuses, elles se sont fait une joie de s’en prendre aux trois plongeurs troublant la nuit océane. Enfin, un peu de vinaigre en rentrant, les jambes et les bras qui démangent toute la nuit et ce matin on ne sentait plus rien.     A partir de demain après midi, j’arrête la recherche pendant 10 jours car un groupe d’américains arrive pour prendre des  cours de biologie marine avec un professeur renommé (il a travaillé sur plusieurs requins dont le récent : Grande gueule) et je vais suivre les cours avec eux … sortie tous les matins et leçons l’après midi... c’est assez intensif mais très intéressant.

Je vous raconterai tout cela la prochaine fois …

«Talk to you later, ya man ».             Julien

Ce vendredi 3 Août à 01:51

Hey man !

Désolé, je n’ai pas donné de nouvelles depuis un moment car je travaille à plein temps depuis plus de 10 jours. En effet, samedi dernier John F. Morrissey, professeur à Hofstra University et directeur du laboratoire, est arrivé avec 13 étudiants pour donner un cours de biologie marine et depuis on a enchaîné leçons, études, terrain …

Le matin était consacré à une sortie « terrain » jusqu’à 10h30 puis cours jusqu’au déjeuner. L’après-midi, cours et temps  libre pour mémoriser la centaine de noms latins que nous devons apprendre ainsi que la classification des organismes et le soir, après le dîner, dernière leçon de la journée. Donc pas mal de boulot, mais c’est super intéressant. John Morrissey est un prof comme on aimerait en avoir plus souvent : hyper intéressant, super sympa et en plus c’est un spécialiste des requins … J’ai suivi tous les cours en anglais et ai effectué le test : 91/100.

Le groupe d’étudiants est très sympathique et je garde quelques adresses à New York et Long Island. Nous avons fait quelques sorties touristiques dont une à Bioluminescence Bay. C’est extraordinaire … L’eau de la baie est pleine de microorganismes, Dinoflagellé, qui produisent de la lumière quand l’eau est agitée car ils se sentent menacés. Après un tour en bateau, laissant un sillage phosphorescent, nous avons nagé dans la baie entourés de lumière. C’est vraiment superbe et incroyable. Le must, paraît-il, c’est quand il pleut car toute la baie est illuminée au même moment. De plus, nagé dans la baie aurait paraît-il des effets salutaires pour certaines parties de l’anatomie humaine mais je ne vous en dirais pas plus …

Nous avons aussi visité une plantation proche du labo, goûtant tous les fruits qui s’y trouvent : noix de coco, ananas, mangues, bananes, oranges, canne à sucre (et rhum) … Très rafraîchissant sous un soleil de plomb, surtout l’eau se trouvant dans les jeunes noix de coco. La fin de la visite s’est terminée par un petit détour au fond du jardin des propriétaires, où les locaux entretiennent un pied de ganja (juste pour montrer aux touristes …)

De plus, nous sommes allés deux fois dîner au restaurant profitant de la Jamaïque par sa cuisine et ses cocktails de fruits (conque au curry, jerk chicken, dirty banana, piñacollada …)

Pour ce  qui était des sorties « terrain » tout se déroulait dans le lagon de St Ann : récif, rocky shore, banc de sable … Bien sûr, je me suis empressé de retourner voir le requin et de le montrer à John puis aux étudiants. Trois jours après, John, a attrapé le requin et l’a sorti de la cave. Rapidement, le requin après trois ou quatre ruades s’est débarrassé de son cavalier et dans ce cas, les instructions de John étaient claires : nager aussi vite que l’on peut, non pas pour échapper à la mâchoire du requin mais pour le suivre et le retrouver. Je me suis donc précipité avec Mike et un étudiant derrière le requin qui tentait de s’échapper et qui venait de mordre mes palmes se trouvant sur son passage. Après quelques minutes de courses, le requin s’est posé entre des coraux et nous l’avons attrapé. John est arrivé, a repris le contrôle de la bête puis l’a montré à tout le monde et l’a finalement laissé retourner se cacher.

C’était extraordinaire, je n’ai pas pu prendre de photo, mais je vais tacher de m’en faire envoyer. Le lendemain, nous avons vu un autre requin à Drax Hall qui sortait d’une cave au moment où nous y arrivions. Par contre, hier matin, nous en avons trouvé un dans une autre cave de Drax Hall, sans doute un peu plus gros que celui du récif et un peu plus profond (7ou 8 mètres au lieu de 2).

Maintenant, le cours de biologie marine est terminé et les étudiants partent dans une heure, mais John reste avec ses élèves de Master pour pêcher le requin, sans doute une nouvelle espèce de Centrophorus, en eau profonde pendant une semaine. Pour cela, on place cent hameçons à environ entre 600 et 1000 m de profondeur, on patiente quatre heures sur le bateau, et on remonte la ligne (environ deux kilomètres je crois). De plus, il aimerait tenter d’appâter des requins océaniques afin de voir un peu ce qui croise au large de l’île. J’espère que l’on aura l’occasion d’en voir plusieurs. En décembre, ils en ont vu un, sans même appâter. Le requin suivait les morceaux de cannes à sucre qu’ils jetaient à la mer après les avoir mâchés.

Hier soir, pour la dernière soirée des étudiants,  il y avait une « party »: cracheur de feu, danseurs, contorsionniste, un type qui s’est allongé sur du verre et qui m’a demandé de monter sur son ventre … Il y a aussi eu la remise du prix du concours annuel de cette classe : un prix à celui qui attrapera le plus de Needlefish à la main lors de la chasse aux poulpes et devinez qui  a gagné : Frenchy. Une bouteille de rhum, une casquette du labo, une cannette de « fromage » jamaïcain et un diplôme du labo certifiant que j’ai bien attrapé un needlefish au cours de la classe de biologie marine. Lors de la fameuse chasse aux poulpes, nous avons rencontré Shark Man, le super héros, venu nous protéger pendant notre marche nocturne dans les eaux noires du lagon jamaïcain. Si vous ne connaissez pas Shark Man, essayer de le rencontrer, il est cool. Il ressemble pas mal à John Morrissey, mais selon John, il n’y a aucun lien de parenté. Allez savoir … !

Comme vous le voyez, tout se passe toujours très bien et cela risque de continuer et je commence à me dire que deux mois, finalement, c’est court … Enfin, je suis réinvité pour mon stage de six mois l’année prochaine si je veux (il y a  une espèce de raie ici encore assez méconnue … why not man?).

Sur ce, nous partons justement collecter deux spécimens de cette espèce pour un chercheur américain qui travaille sur les parasites intestinaux des Elasmobranche …

Take care

Julien

Ce mardi 10 Août à 21:08

Ca y est, le laboratoire est de nouveau calme et vide. John et tous ses étudiants sont partis ce matin après une semaine chargée : pêche au requin pendant cinq jours. La cible, un requin d’environ un mètre, vivant entre 600 et 1000 mètres de profondeur, genre Centrophorus, espèce encore  indéterminée.

La semaine est passée très vite malgré de longues journées. Le bateau quittait le quai à 6h du matin  et nous mettions environ 20 à 30 minutes pour nous rendre sur la zone de pêche. Le plateau continental se termine assez près de la côte et le fond atteint 2000m entre Cuba et la Jamaïque. Prise de la profondeur au sondeur et installation de la ligne sur le fond : deux bouées, plus d’un kilomètre et demi de ligne, 50 hameçons appâtés avec du poisson ou des morceaux de calamars et posés entre 600 et 900 mètres (selon les jours). Ensuite quatre heures de patience sur le bateau pendant lesquelles nous dormions, lisions ou nagions dans le « grand bleu ». De plus, nous attachions tous les jours au bateau, une cage contenant des morceaux de poissons et censée attirer tout requin océanique se trouvant dan les parages. Mais de ce côté là pas de chance, nous n’avons eu aucun visiteur (en trois an ils n’ont vu qu’un fois un requin Carcharinus falciformis).  Cela devient dur lorsqu’il s’agit de remonter à la main la ligne. En elle-même le poids de la ligne, des appâts, des poids… n’est pas excessif mais la résistance de l’eau et la profondeur font que les mains et le dos n’en ressortent pas indemnes. On tournait tous les cents mètres jusqu’à l’arrivée de la ligne de fond et là on change de rythme. Décrocher tous les hameçons, enlever les appâts non consommés et le cas échéant, décrocher le requin, le marquer, et le mettre au frais. Résultats 23 requins  (3 espèces) et 1 chimère (et quelques ampoules…).

Nous rentrions environ vers 12h, pile pour le déjeuner que nous attendions tous. L’après midi tait consacré à l’étude morphométrique et à la dissection de spécimens recueillis le matin. Hyper intéressant car on a eu pas mal de choses différentes comme le développement des embryons (de 7cm à plus de trente)… La soirée était en général consacrée à discuter autour d’un verre de rhum ou d’une bière.

Maintenant, je vais retourner à mes petits poissons de récifs. Normalement pas mal de plongée en révision cette semaine et notamment une ou deux plongées de nuit car il risque d’y avoir la ponte des coraux du récif (phénomène étrange, ils pondent tous en même temps).

Et puis tout cela se termine bientôt, mon avion décolle mercredi prochain. Je resterai bien un peu mais c’est trop tard. En tout cas, ce stage aura été une superbe expérience, très enrichissante tant sur le point scientifique qu’humain et linguistique. J’enverrai quelques photos lorsqu’elles seront développées afin que vous puissiez voir à quoi tout ça ressemble.

A+

YaMan !