CARNETS DU MESGOUEZ

INTRODUCTION

écrite par Philippe Morize des

Cahiers & Agendas tenus par

ma grand’mère : Madeleine MORIZE, née PRAT

durant sa vie au Mesgouëz

Ces derniers, conservés jusqu’à ce jour, par sa fille : Christiane MORIZE,

m’ont été remis en mains propres par cette dernière

au cours de mon séjour au Mesgouëz

en Juin-Juillet 2003

afin d’être entrés sur mon site informatique.

Ils relatent, au jour le jour, la vie du Mesgouëz

entre le 1er Janvier 1941 et le 28 Septembre 1948,

après un petit aparté en Septembre 1939

Introduction

Je ne pensais pas faire une courte introduction à ces cahiers et agendas que ma grand’mère a tenus au jour le jour en une période difficile tant pour la France que pour notre famille. C’est en achevant le premier trimestre de l’année 1941, que je me suis résolu à écrire ces quelques lignes… quelques lignes que je me réserve le droit de faire évoluer tout au long de mon travail et de mes découvertes…

Je dois vous avouer que cette lecture m’a bouleversé et continue à le faire au fil du temps qui passe et que je retranscris ici le plus rigoureusement qu’il m’est possible de le faire, en demandant toutefois à tous ceux dont je pourrais avoir écorché le nom de famille ou le nom de certains lieux de leurs résidence de bien vouloir me le pardonner et surtout de bien vouloir me les faire corriger en me contactant personnellement sur mon e-mail :

philippemorize2@wanadoo.com

vos noms de famille ou les noms des lieux qui y sont mentionnés et que vous avez aimés sont pourtant pour moi autant de noms et de souvenirs qui remontent dans mon cœur et dans ma mémoire… et lorsque je porte mes pas vers la dernière demeure de mes chers parents ou de ma petite Hélène, que de vos noms je croise alors sur mon chemin !

J’ai bien connu ma grand’mère, je l’ai beaucoup aimée… disons plutôt que je croyais bien connaître ma grand’mère, car à la lecture de ces archives familiales, je me découvre une toute autre grand’mère qui, aujourd’hui encore bien plus qu’hier, force mon admiration pour elle et ne m’en fais que l’aimer davantage, regrettant avec sincérité de n’avoir, du temps de son vivant, soulever ce voile de sa vie et de n’avoir pu en parler avec elle afin de l’entendre me le raconter.

Et pourtant je suis venu au monde au cours de cette même époque, je l’ai alors chérie et côtoyée bien souvent lors de nos vacances et séjours au Mesgouëz, ce Mesgouëz pour moi pourtant si empreint de toute mon enfance mais faut-il croire que le temps a passé et… m’a fait oublier.

Au travers de ces récits, en style bien souvent télégraphique et que j’ai voulu respecter, j’ai découvert la femme qu’elle était, la maîtresse femme qu’elle fut… la véritable chef d’entreprise ne négligeant ni sa vie familiale, ni sa vie professionnelle tout en sauvegardant sa vie privée, intime et religieuse.

A travers l’époque douloureuse que nous traversons tous au début de ces années 1940… c’est la guerre, c’est l’occupation allemande… c’est la peur, ce sont les bombardements et de quoi demain sera-t-il fait… c’est la disette, ce sont les privations et de quoi demain pourrons-nous nous approvisionner…, elle décrit et elle vit…

Au milieu de tous ces graves soucis, elle marche en avant, elle mène son bateau… mettant aussi la main à la pâte : gardant le troupeau s’il le faut, veillant les vaches qui s’apprêtent à vêler en pleine nuit, s’occupant de son jardin… et pourtant, elle n’oublie personne, ni sa famille proche ou lointaine, ni ses amis, ni ses voisins. Elle maintient le Mesgouëz et fait vivre tous ceux qui l’entourent, se privant elle-même bien souvent et regrettant de ne pouvoir parfois faire davantage pour les autres.

Et dans tout cela elle est aidée d’une façon remarquable par quelqu’un aussi que je découvre ici sous un tout autre jour : sa fille Christiane, dite Cricri et que parfois aussi elle abrège en Cric tout simplement… sa fille, ma tante… notre seule représentante aujourd’hui de la génération de mes parents… la dernière mémoire de ces temps héroïques.

Elle aussi, elle fait mon admiration par le dévouement qu’elle donne à ses parents… elle aussi elle participe activement à la vie journalière de l’exploitation, de la ferme et de la famille et assure dans le même temps un dévouement sans égal auprès de tous ceux qui les entourent, jouant un rôle d’infirmière et visitant plus que régulièrement ses malades… là, pourtant, je me souviens et ne peux oublier…

A elles deux tout mon AMOUR.

Et puis, ces agendas sont une source véritable et inégalable de renseignements non pas simplement sur notre famille mais sur toute une époque à la vie journalière décrite ici si justement et d’une façon parfois si bouleversante qu’ils en font, pris tous ensemble, un véritable document historique, témoin de notre histoire mais témoin aussi de l’Histoire de notre Pays : la France…

Sachons les préserver et les transmettre pour nos générations futures…

Philippe